Télétravail, mobilité intra-entreprise et extra-entreprise, coworking ou encore corpoworking… l’immobilier d’entreprise tend à l’ubiquité ! Il se transforme pour offrir aux collaborateurs une plus grande agilité dans leur pratique professionnelle tout en répondant aux exigences d’optimisation d’usage dans un contexte économique complexe.

Si seuls 2,5 % des bâtiments de bureaux sont aujourd’hui gérés de manière flexible, ils seront 20 à 30 % en 2030 sur le territoire français. Mais d’où viennent ces changements de comportement et d’organisation ? L’arrivée des “millenials” n’y est pas étrangère. Hyper-connectée, communautaire, en quête de sens et technophile, cette génération porte un nouveau regard sur l’entreprise. Elle se réinvente depuis quelques années, tant dans des modes d’organisation plus horizontaux que dans des espaces de travail décentralisés. 

La qualité de l’environnement de travail et l’expérience collaborateur deviennent ainsi essentielles pour attirer et fidéliser cette génération. Le temps de trajet domicile-travail constitue l’une des principales difficultés de cette expérience : un travailleur parcourt en moyenne 9000 km par an pour rejoindre son entreprise. La décentralisation de l’entreprise dans des espaces tiers à proximité des habitations et le développement du télétravail constituent, de fait, des réponses possibles à cet enjeu. 

Croisée au coût d’hébergement par collaborateur, évalué entre 8000 EUR et 13 000 EUR par an sur Paris, la transformation de nos modes de travail rime aussi avec économies dans un marché immobilier en centre-ville de plus en plus contraint ! Réduire les dépenses immobilières (m2, maintenance, fonctionnement, etc.) est donc également une priorité. 

Des signaux faibles pour une tendance de fond…

Si, aujourd’hui, seuls 16 % des travailleurs pratiquent le télétravail plus d’une fois par mois, il s’agit néanmoins d’une tendance de fond amenant les entreprises à expérimenter des projets immobiliers d’un nouveau genre : mise à disposition d’espaces partagés entre collaborateurs au soutien de leur mobilité, des échanges inter-branches et d’un impact environnemental réduit ; création d’espaces de travail hybrides conçus comme de véritables plateformes de rencontres et de collaborations dans lesquelles se retrouvent entrepreneurs, intrapreneurs, associations, acteurs institutionnels grands groupes, etc. 

Pour autant, ces transformations spatiales posent à l’entreprise de nombreux défis. Comment continuer à travailler de façon collaborative sans rencontrer son équipe quotidiennement ? Comment conserver un partage symétrique des informations dans des espaces de travail éclatés ? Comment cultiver une culture d’entreprise forte et adopter la bonne posture managériale dans ce contexte ? 

Le travail de demain rimera avec : ubiquité, horizontalité et optimisation…

Ces modes de travail bouleversent donc également nos modèles d’organisation et de management. D’un management descendant et hiérarchique, “l’entreprise libérante” s’horizontalise et apprend à travailler davantage en mode projet. Cette transformation managériale et organisationnelle peut toutefois s’appuyer sur des environnements de travail plus connectés. 

Les outils informatiques accompagnent le nomadisme des collaborateurs en intégrant la portabilité des systèmes d’information, grâce à qui le travailleur devient hypermobile. Il se voit offrir de nouveaux services dédiés à la fluidité et à la connectivité de son parcours à tout moment et dans n’importe quel espace de travail (réservation de salles de réunion ou de postes de travail en un clic, accès à des services de restauration, de pause, mais également outils de remontées d’incidents ou de demandes d’assistances…). 

Les gestionnaires immobiliers progressent, eux, dans leur compréhension de ces usages pour une gestion de leur parc de bureaux plus intelligente et optimisée. La modularité croissante va intensifier l’usage des espaces, accompagnée par des outils de réservation de salles de réunion ou de postes de travail plug and play. Outiller son organisation c’est aussi maximiser les taux d’occupation tout en remontant de la donnée centrée sur l’usage en temps réel. 

Cette analyse des données est la clé de voute : elle ouvre le champ d’une compréhension plus fine des pratiques professionnelles et permet d’enrichir l’expérience collaborateur par des services adaptés. Elle augmente également la performance des gestionnaires par une automatisation progressive des services de facility management représentant un gain de temps et d’argent considérable. 

Les économies sur l’empreinte immobilière des bureaux tertiaires peuvent atteindre les 25 % en améliorant le confort aux occupants. Ubiquitaire, horizontale et optimisée, l’entreprise du 21e siècle et son parc immobilier seront ainsi enrichis par des outils informatiques embarqués fluidifiant l’expérience collaborateur et optimisant la gestion des espaces de travail. 

Source : ARNAUD COISNE / Co-fondateur de MOFFI.IO